Images : extraits des albums « Provence« , « Daverdisse – ombres & lumières » et « Daverdisse » 

Photosynthèse

Je fais de la photo depuis plus de quinze ans. Mais faire de la photo ça veut tout et rien dire car les différentes situations peuvent chacune faire l’objet d’une carrière … Faire des portraits, des photos de mariage ou de la macro nature ce sont des mondes très différents et parfois mêmes antinomiques car le cliché s’obtient avec des tempéraments différents. Il faut de l’audace et une certaine confiance dans les photos d’événement ou les portraits pour diriger ses sujets et les mettre à l’aise, là où les photos nature ne requièrent ni timing, ni gestion d’être humain !

On pourrait aussi parler du matériel, je suis passée par un compact puis par un bridge et puis par trois reflex différents mais aujourd’hui avec les prouesses technologiques de nos smartphones, tout le monde s’improvise photographe… Je ne cautionne pas toujours cela d’ailleurs car pour moi ce n’est jamais pareil mais je passe moi-même souvent par là par facilité (au moins celui-là on l’a toujours sur soi) même si ce n’est pas la même démarche, la même réflexivité (le cas de le dire) et ce n’est pas ces photos là que je publie sur mon site.

Ce que j’avais envie de partager aujourd’hui c’est le plaisir que j’ai découvert il y a quelques années à photographier la nature. Je suis bruxelloise et citadine mais depuis quelques années je prends un plaisir fou, voire je ressens carrément le BESOIN, de partir de temps en temps me ressourcer en pleine nature. J’ai longtemps préféré la mer mais là aussi je commence à vraiment comprendre la magie de la campagne, des terrains accidentés, hétérogènes, sinueux, colorés, fleuris, des chemins cachés, des bleds paumés… Je crois que c’est une question d’âge aussi…

Marcher en pleine nature me fait du bien et la photographier est un prolongement de ce plaisir car tout m’émerveille. Insectes, rosée, rais de lumière, plantes, feuilles, arbres, flaques d’eau … Photographier la nature demande de la patience et une forme d’humilité et nous ramène à notre condition d’humain, emprunteur de la terre et de sa nature… C’est donc un peu un travail philosophique ou une forme de thérapie car ça demande de se décentrer, de se faire tout petit et de réaliser ainsi l’immensité et la beauté qui nous entourent mais aussi sa fragilité. Je suis tellement impressionnée par la complexité, la régularité et la justesse d’une structure de feuille d’arbre (par exemple) que parfois cela m’émeut.

Paradoxalement, ce ne sont pas les photos que je préfère regarder après coup, je suis souvent plus affectée par un portrait, mais au niveau du mode d’obtention, du travail préparatoire c’est clairement une des activités les plus thérapeutiques que je connaisse.

Photographier la nature, pour moi c’est salvateur. D’ailleurs n’entend-on pas couler la « sève » dans ce mot ?